CONCEPTION D’UNE EVALUATION SIGNIFICATIVE
Présentation du dispositif d’enseignement
La présente évaluation viendra clôturer une séquence d’enseignement portant sur l’ascension et l’idéologie du nazisme.
Avec la seule classe dans laquelle je dispense l’histoire à raison de deux périodes par semaine (une 9VSG), nous avons travaillé en profondeur sur plusieurs aspects relatifs à l’émergence du nazisme et à son ascension inexorable vers le pouvoir. Tout d’abord à travers le personnage Hitler : en effet, le nazisme est, selon moi, très intimement lié à l’évolution du futur Führer. C’est pourquoi, sa vie a été le fil rouge du cours : aussi bien au niveau diachronique (enfance, adolescence, guerre, vie politique, doctrine, ascension au pouvoir) qu’au niveau psychologique (paresse, esprit déstructuré, aucun cadre de vie, asocial, etc).
Les événements, traités de manière chronologique, ont toujours été accompagnés par diverses sources : des photos (Hitler : de la petite enfance jusqu’à l’âge adulte, dans diverses situations, mais aussi de l’incendie du Reichstag et des panneaux pour le plébiscite de 1933), des textes (différents extraits de Mein Kampf et d’un manuel scolaire nazi), des images (drapeau nazi, symbole des SS), des graphiques (inscrits au NSDAP, pourcentages obtenus lors des élections), des affiches de propagande (« coup de poignard dans le dos ») ou électorales (présidentielles de 32), des schémas (montée des parti extrémistes de 1919 à 1933), etc. Ces documents ont fait l’objet de nombreuses activités (travaux de groupe sur les textes, exercices d’analyse individuels, discussion ouverte en classe, cours dialogués, commentaires, etc.) et ont ainsi permis aux élèves de se familiariser avec différentes approches de l’Histoire (connaissances, compréhension et analyse des sources, synthèse, etc).
Après avoir passé beaucoup de périodes à traiter ce sujet (en effet, j’ai un penchant pour l’étude approfondie des « causes »), la réalisation d’un test significatif y relatif était nécessaire, rien que pour les efforts fournis par les élèves dans le traitement de thématiques aussi complexes que la théorie raciale de Mein Kampf ou la nécessité d’un Lebensraum important pour la « race des seigneurs » (où le subjectif peut l’emporter sur l’objectif), au risque de passer un peu plus rapidement sur la Deuxième Guerre mondiale…
Conception argumentée du test significatif
Etant en stage A, il est particulièrement compliqué de créer une évaluation qui s’accorde à la fois avec ce que le prafo a l’habitude de proposer à sa classe comme TS et les éléments requis par la didactique d’histoire. J’ai donc essayé de faire au mieux pour adapter les consignes de ce travail d’évaluation à la réalité du terrain et au PEV. En effet, il est difficile d’évaluer des élèves uniquement sur des compétences lorsqu’ils n’y ont aucunement été habitués ; c’est pourquoi, mon test est assez « dirigiste », dans le sens où la plupart des documents sont accompagnés de questions (plus ou moins ouvertes).
Voici donc la liste des compétences et objectifs fondamentaux du PEV en lien avec mon évaluation :
a) Situer dans le temps et l’espace les faits historiques observés
- élaborer des frises ou des tableaux synchroniques et diachroniques
b) Exploiter un document historique selon sa nature et son contexte propre
- associer des savoirs pertinents à des informations tirées d’un document
- conduire une analyse critique d’un document
c) Interpréter les outils nécessaires à la compréhension des phénomènes historiques
- utiliser des statistiques
- analyser des schémas, des organigrammes, des graphiques
d) Maîtriser en situation un vocabulaire historique spécifique appliqué aux faits culturels, économiques, politiques et sociaux
- prendre des notes, à partir de l’écrit ou de l’oral, pour les utiliser en situation
- rédiger un commentaire de documents
- produire une synthèse
L’évaluation a été prévue pour un maximum de 2 périodes de 45 minutes. Il s’agira aussi bien de tester les connaissances des élèves que la capacité à transférer leurs acquis sur de nouveaux documents (en ceci, la notion de savoir-faire sera amplement prise en compte).
J’ai essayé de structurer au mieux l’évaluation, de sorte que les tâches demandées passent du niveau 1 de la taxonomie de Bloom (connaissance) au niveau 5 (synthèse), afin de garder une cohérence dans la progression et dans la complexité des activités successives.
Ainsi, dans la première partie de l’évaluation, il s’agira de savoir situer chronologiquement des faits historiques, au moyen d’une ligne du temps où devront être replacés des événements relatifs à l’ascension au pouvoir d’Hitler. Cette activité permettra de tester la compétence a) et d’insister sur le premier niveau taxonomique (connaissance).
La deuxième partie est composée d’un extrait de Mein Kampf auquel se greffent quelques questions. Les élèves devront donner le titre de la source, souligner un passage, mentionner la caractéristique principale des propos d’Hitler et donner les catégories auxquels il s’attaque dans le texte. Première activité autour d’une source, elle participe du point b) des compétences mentionnées et permet de monter d’un degré dans la complexité de la tâche demandée (restitution de connaissances à partir d’un document ; niveau 2 de la taxonomie, compréhension).
La troisième partie de l’évaluation englobe plusieurs niveaux de complexité dans sa réalisation. La source historique (sept points du programme du NSDAP de 1920) permet de tester les connaissances des élèves (signification du sigle NSDAP ?, abréviation engendrée par ce dernier ?) et de mettre en exergue leur capacité d’analyse. En effet, dans la seconde activité de cette partie, les élèves devront associer un ou plusieurs points du programme à des slogans (fabriqués par l’enseignant) ; il s’agira ici de tester leur capacité à analyser une source historique et à l’associer à des concepts plus généraux. Les compétences b) et d) sont ainsi évaluées ; les niveaux taxonomiques couvrent un large spectre, allant de la connaissance à l’analyse.
Dans la quatrième partie, il s’agira de donner un titre à chacun des quatre extraits de Mein Kampf. Ces titres de « chapitres », qui se devront d’être brefs et en lien avec la thématique de l’extrait, permettront de tester la capacité d’analyse et de synthèse des élèves (niveau 4 et 5 de la taxonomie), selon la compétence d) citée ci-dessus. Cette activité qui peut sembler courte sera sans aucun doute la plus complexe du test, car le titre de chaque extrait devra synthétiser au mieux des notions pour le moins abstraites. Bien évidemment, dans un souci de cohérence, il n’y aura aucune référence à Mein Kampf dans les sources mêmes tout au long de l’évaluation afin de ne pas donner la réponse à une des questions de la deuxième partie.
La dernière activité du test permettra de faire le lien avec la compétence c). Le document, un tableau présentant les résultats des élections législatives sous la république de Weimar en pourcentage de voix (1919-1933), donnera lieu à plusieurs questions de compréhension et d’analyse. Il s’agira pour les élèves de faire le lien entre les événements socio-économiques de 1929 (krach boursier) et la poussée des partis extrémistes (spectaculaire pour le NSDAP, dans une moindre mesure pour le KPD), puis d’exposer, à travers le chiffres, en quoi la défaite d’Hitler à l’élection présidentielle face à Hindenburg n’est qu’un prélude à la grande victoire électorale de juillet 1932 et à la future nomination de chancelier d’Hitler.
En ce qui concerne la tarification, s’agissant pour la plupart du temps de questions, j’ai essayé de garder un équilibre au niveau des points à disposition entre chaque partie, afin de ne pas favoriser un type d’activité ou de compétence par rapport à un autre.
Par rapport aux contenus des cours préalables à l’évaluation, je pense avoir gardé une certaine cohérence, vu que toutes les connaissances et les compétences testées ont été exercées en classe (chronologie ; mobilisation de connaissances pour résoudre des situations complexes ; analyse et commentaire de documents, etc). J’espère que le temps à disposition leur sera suffisant et que mon évaluation ne déstabilisera pas trop ces élèves qui ne sont que très peu habitués à effectuer ce genre d’activités (c’est d’ailleurs pour cela que, sous demande de mon prafo, les analyses de sources se feront, dans la majorité des cas, sous forme de questions). Nous verrons donc si le temps passé avec eux portera ses fruits.
Comme convenu, le « vrai » test ne fera son apparition en ligne que lorsqu’il aura été passé par les élèves.
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