04
mai
09

Analyse des activités autour d’un film de fiction

Analyse réflexive – activités autour d’un film

 

Pour des raisons de structure et de cohérence, il m’a semblé judicieux de séparer en deux mon analyse portant sur les activités autour du film. Ainsi, mes réflexions a posteriori concernent, en premier lieu, les problèmes et les avantages inhérents au caractère général de la séquence et, dans un second temps, une analyse plus spécifique de chacune des trois activités proposées. La prise en compte des remarques de mes collègues se fera dans la première partie du texte, alors que la seconde sera plus axée sur le déroulement des événements en classe.

 

Généralités

Comme l’avaient mentionné à juste titre Aurélie et Arnaud dans leur commentaire, la gestion du temps s’est révélée problématique. En effet, l’entier de la séquence consacrée au film a duré 3 périodes, alors que je tablais sur deux périodes au grand maximum. Sans mentionner le fait que j’ai dû accélérer le déroulement en fin de séquence. J’ai donc probablement été un peu gourmand à ce niveau-là ! A titre d’exemple, l’activité 3 aurait pu être raccourcie, le premier extrait n’apportant pas suffisamment d’éléments pertinents à la réflexion. La durée relative à la prise en compte des sources, en fin de séquence, n’a pas non plus été bien appréciée. Il faut bien plus d’une demi-heure pour mettre en parallèle le film et la réalité historique !

Au niveau des groupes, le commentaire d’Anne s’est révélé pour le moins pertinent (donner des tâches aux membres des groupes afin d’empêcher que certains ne se la « coulent douce »). En effet, bien que les activités 1 et 2 mentionnent du travail de groupes, il s’agissait plus de travail individuel à mettre en commun dans un second temps. Pour la première activité, la classe était divisée en trois, suivant les rangées de tables et pour la seconde, en deux groupes selon leur emplacement (groupe 1 : gauche ; groupe 2 : droite). Certains élèves ont bien vite compris que, même s’ils n’effectuaient pas le travail demandé, un autre camarade qu’eux pourrait répondre (vu le nombre élevé d’élèves par groupe)! Il s’agit certes d’un point à améliorer, même si ce n’est pas rendre justice à la classe que de les mettre tous le même panier, étant donné que la majorité des élèves a joué le jeu, si ce n’est avec enthousiasme, du moins avec application…

Lorsque j’ai annoncé le visionnage d’un film, les élèves étaient aux anges ; quand je leur ai annoncé que la « séance » n’était pas « gratuite » et qu’ils allaient devoir travailler sur les extraits, certains ont fait la moue. En effet, cette classe (9VSG) n’est pas habituée à mener des réflexions approfondies sur les films qu’on lui passe. Il a donc fallu introduire chaque nouvelle activité, certains élèves demandant des compléments aux consignes distribuées, et repasser plusieurs fois (au moins deux fois) chaque extrait de sorte qu’ils prennent en note les éléments qui leur semblaient pertinents. Cela participe aussi de leur relative inexpérience quant au travail autour d’un film : lorsqu’un enseignant apporte une vidéo dans cette classe, il s’agit plus d’un moment de détente que d’une autre manière de mener une réflexion historique. C’est donc aussi contre cette pratique (film = « pas l’école ») que j’ai dû lutter…

A part ces quelques désagréments techniques et pédagogiques, l’activité s’est bien déroulé de manière générale ; certains élèves, particulièrement participatifs, ont semblé conquis par la méthode, d’autres ont trouvé le temps long, mais, de manière générale, le travail demandé a été fait, la réflexion (bien) menée et les objectifs atteints.

 

Observations spécifiques aux activités

 

-       Première activité : au niveau de la charge de travail, le groupe 1 était nettement moins sollicité que les autres. L’activité pourrait donc gagner à être modifiée en vue d’un rééquilibrage des tâches.

Au niveau des contenus, s’agissant d’une introduction à la Deuxième Guerre mondiale, les élèves étaient un peu perdus quant à la datation et à la localisation des événements de l’extrait. Malgré de nombreuses hypothèses erronées, certaines bonnes idées ont émergé : invasion de l’URSS par l’Allemagne, guerre dans une grande ville russe. Concernant la datation, personne n’est allé plus loin que « entre 1939 et 1945 ».

En plus de faire appel à leurs pré-requis (culture générale), cette première activité a eu le mérite de plonger les élèves directement dans l’ « ambiance » de la guerre et plus particulièrement de la défense acharnée de Stalingrad par les Soviétiques. Après en avoir fait la synthèse et en avoir discuté ensemble, l’activité semblait faire sens aux yeux des élèves.

 

-       Deuxième activité : s’agissant du point central de la séquence consacrée au film, je dois m’avouer très satisfait par la prestation des élèves et la cohérence de l’activité.

L’unique problème a résidé dans la quantité d’informations à noter et la vitesse à laquelle elles étaient données dans l’extrait. J’ai donc dû repasser l’extrait deux fois. Mis à part cette anicroche, le reste de l’activité a porté ses fruits. En effet, grâce aux éléments pris en note, la classe a parfaitement compris les mécanismes de la propagande (messages véhiculés, moyens mis en œuvre, par qui ? pour qui ? etc.) et son but. A tel point que la troisième partie de l’activité a fait figure d’évidence, certains élèves m’ayant même demandé si « c’était tout ce que je voulais entendre » (« tout ça pour ça ? ») ! Même s’ils ont été un peu déçus par le résultat final de leur réflexion, les élèves sont arrivés seuls à mettre en lumière, au travers de l’extrait et de leur réflexion, les tenants et les aboutissants de la propagande (de guerre, dans le cas précis, mais aussi de manière générale).

A l’avenir, s’il devait m’arriver de réutiliser ce film pour présenter la Deuxième Guerre mondiale au travers de la propagande, je ne mettrais en œuvre que cette activité, car elle résume au mieux et englobe tous les aspects de la propagande visés.

 

-       Troisième activité : cette dernière activité sur le film était la moins pertinente, malgré les apparences. En effet, les extraits proposés étaient soit trop vagues, soit trop explicites. En effet, le but étant de manière en lien propagande issue du film et actualité, il aurait été suffisant de poser la question à la suite de la deuxième activité. Les élèves semblaient déjà bien conscients de l’utilisation « à double tranchant » de la propagande de guerre (mensonges possibles, mais nécessaire au moral des troupes).

En ce qui concerne le parallèle avec l’actualité, les élèves ont fait preuve de peu d’imagination. L’enseignant a donc dû faire le lien avec la publicité (« bourrage de crâne ») et les affiches politiques actuelles, en amenant des exemples concrets. Nous avons terminé la période, vu qu’il restait trop peu de temps pour aborder les sources historiques, avec une discussion sur les différences et les similitudes entre les divers types de propagande.

 

-       Sources : abordée lors de la troisième et dernière période relative à l’analyse du film, la réflexion autour des sources a été menée par l’enseignant dans un cours dialogué (lecture, questions, réponses, etc.). Tout en parcourant les documents, nous avons mis en exergue les différences et les similitudes entre film et réalité historique (par exemple, Vassili Zaïtsev a bel et bien existé ; il a été un des héros de la bataille de Stalingrad, utilisé comme nombre de ses camarades snipers, en tant qu’outil de propagande ; d’un autre côté le « vrai » Vassili n’avait pas le charme d’un Jude Law , selon certaines élèves !).

L’analyse des sources, bien que trop rapide (due à la longueur des activités précédentes et au besoin de continuer le programme d’histoire !), a permis aux élèves de prendre conscience de la différence entre la “réalité” du film et la réalité des sources. Cela a permis de développer leur esprit critique par rapport aux films historiques, afin de mettre en exergue aussi bien les éléments respectant une certaine réalité historique que ceux totalement fictifs.

 

Conclusion

Malgré les nombreux défauts relevés au fil de ce texte, il me semble que l’activité n’a pas été inutile. Elle a permis aux élèves d’aborder de manière originale un film historique, de réfléchir à la pertinence et à la « réalité » des extraits visionnés, de plonger la tête la première dans la thématique de la Deuxième Guerre mondiale et dans la problématique de la propagande.

Ainsi, au travers de la deuxième activité en particulier, les élèves ont réussi à synthétiser, grâce à leurs notes, les éléments constitutifs d’une « bonne » propagande. L’objectif principal étant atteint, il serait bon de repenser les deux autres activités afin qu’elles aient un impact aussi important sur les apprentissages des élèves, qu’elles ne fassent pas figure de « bouche-trou » et qu’elles ne semblent pas superflues aux yeux des apprenants, dans le but d’appréhender la problématique générale.

Au final, la diffusion d’un film étant toujours plus motivante qu’un « simple » cours, les élèves ont été participatifs durant les périodes consacrées aux activités et intéressés par la thématique globale de la séquence. J’espère qu’il en restera quelque chose d’ici quelques semaines et que le travail effectué portera ses fruits, puisque nous allons commencer à aborder la thématique de la Deuxième Guerre mondiale sous l’angle des affiches de propagande et des caricatures de presse…


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